Coronavirus : l’inquiétude monte à la frontière franco-italienne

La flambée de l’épidémie dans le nord de l’Italie ce week-end devient un sujet de préoccupation majeur pour la France. Des mesures de précautions ont été décidées par Paris tandis que Rome réunit ce mardi les ministres de la Santé des pays limitrophes.



L’épidémie de coronavirus frappe aux portes de la France. Jusqu’ici particulièrement présent en Asie, le virus respiratoire qui inquiète le monde entier s’est fortement développé dans le Nord de l’Italie ces derniers jours. Avec 229 cas et sept décès constatés à la date de lundi soir, le pays transalpin est devenu le troisième foyer mondial de la maladie, derrière la Corée du Sud et la Chine.

Une flambée soudaine qui inquiète la France. Si Paris avait réussi à gérer les quelques cas de personnes contaminées venues d’Asie, la présence d’un foyer épidémique important dans un pays voisin, avec lequel les échanges sont nombreux, pose de nombreuses questions logistiques, notamment au niveau des frontières .

Le premier cas concret a eu lieu lundi matin avec la mise à l’isolement à Lyon d’un car Flixbus venu d’Italie. Le chauffeur, qui avait été soupçonné d’être porteur du coronavirus, s’est finalement révélé négatif après un test des autorités médicales. L’inquiétude est déjà vive dans la ville car l’Olympique Lyonnais doit recevoir la Juventus de Turin mercredi soir dans le cadre de la Ligue des Champions. Plusieurs milliers de supporters italiens sont ainsi attendus dans la capitale des Gaules.



Mesures de précautions
Une situation qui a poussé certains politiques à réclamer lundi des contrôles aux frontières entre la France et l’Italie. Une option non retenue par les autorités à l’heure actuelle. Lundi, Paris a toutefois recommandé aux Français revenant des deux régions italiennes touchées (Vénétie et Lombardie) d’éviter « toute sortie non indispensable » et ne pas envoyer les enfants de retour de ces régions « à la crèche, à l’école, au collège ou au lycée ».

De l’autre côté des Alpes, la question des échanges transfrontaliers s’est également posée lors d’une réunion en urgence du gouvernement italien. « Au cours de la rencontre ont été examinées toutes les questions relatives aux flux transfrontaliers et au contrôle des frontières aériennes, maritimes, terrestres et ferroviaires, y compris l’éventualité de rétablir les contrôles aux frontières en dérogation à Schengen […] Il en ressort que bien qu’il y ait une faisabilité juridique, il n’y a pas de faisabilité pratique pour une telle suspension. Et de toute façon, une telle mesure ne garantirait aucune efficacité préventive », indique le communiqué.



Rome va toutefois organiser ce mardi une réunion avec les ministres de la Santé des pays limitrophes (France, Suisse, Autriche, Slovénie, Croatie, Allemagne) et l’Union européenne afin de « partager des lignes d’action communes ».

Flux importants
Mais la marge d’action semble très limitée tant il semble difficile de contrôler une frontière franco-italienne de 515 km où les échanges sont si nombreux. La France et l’Italie sont chacun le deuxième partenaire commercial de l’autre, avec des échanges, dont la majorité traverse les Alpes par train ou par camion, qui représentent 195 millions d’euros par jour.

Mais c’est surtout la question des flux de personnes qui préoccupe les autorités. Si les travailleurs transfrontaliers sont peu nombreux, l’Italie accueille chaque année 5 millions de touristes français tandis que 7 millions d’Italiens font le chemin inverse. Sans compter les nombreux échanges scolaires et universitaires entre les deux pays. Des flux extrêmement complexes à maîtriser, comme l’a illustré la crise du passage de migrants par les Alpes, un dossier qui a longtemps tendu les relations entre Rome et Paris .

©lesechos.fr

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